AMENAGOUR : PROJET DE SOUTIEN A LA RECONNAISSANCE ET A LA PRESERVATION DE L’APAC OUKAIMEDEN, « AGDAL DE L’OUKAIMEDEN », GIGANTESQUE RESERVOIR DE LA BIODIVERSITE DU HAUT ATLAS
Lorsqu’on parle de l’Oukaimeden, ce qui vient en premier lieu à l’esprit, c’est surtout la station de ski aménagée pendant le protectorat français ; considérée comme la principale station au Maroc (avec ses 20 pistes), et la plus haute d’Afrique (à 2 620 mètres au-dessus du niveau de la mer), cette station se présente en effet comme le plus beau domaine skiable sur l’ensemble du continent africain.

Pour les passionnés d’astronomie, Oukaimeden c’est le site d'observations astronomiques surplombant le village d’Oukaimeden (à 3 Km de celui-ci). Protégé par le sommet du Toubkal (4165 m d'altitude) et les sommets avoisinants contre les vents de sable très gênants pour les observations, ce site offre en effet une très bonne visibilité. De plus, équipé de technologies et de télescopes de dernières générations, l’observatoire de l’Oukaimeden est classé parmi les 10 meilleurs au monde, en particulier dans la découverte des petits corps du système solaire.

Pour les épris de nature et des grandes sensations, Oukaimeden évoque une grande valeur paysagère, un très beau panorama offert au regard, à partir du site sur les contreforts de l’Atlas et la plaine du Haouz, et de grandes possibilités de randonnées, d’alpinisme et de ballades en VTT, etc.

Mais Oukaimeden, c’est aussi un espace dépositaire d’une histoire et d’un patrimoine naturel et culturel d’une valeur inestimable, comme en attestent les nombreuses études entreprises par des chercheurs de différentes disciplines, sciences sociales et de la nature. (Mohamed Mahdi dira que c’est l’espace le plus pâturé scientifiquement).

• Pour les experts en sciences sociales, “l’agdal de l’Oukaimeden , “ ou encore Aoukay n’ Medden (lieu de transhumance, de passage ou de transit en berbère) est le réceptacle d’une culture matérielle et immatérielle, préservée depuis des générations par des tribus de transhumants (représentées aujourd’hui par les tribus de Reghaya et d’Ourika), comme en témoignent les gravures rupestres aussi nombreuses que diversifiées, et qui s’exprime aussi au travers d’activités festives faites de danses et de célébrations de rituels dédiées au saint protecteur de l’Agdal (Sidi Fars) et aux esprits des lieux : l’Amenagour (la féte de l’ouverture de la mise en défence d’Agdal), le moussem de sidi Fars, le sacrifice sanglant, le rituel d’Arkoko/offrande à ouled sidi Fars, Issli Timzlit, lieu de prière de sidi Fars , etc. A l’instar de l’ensemble des Agdals de l’atlas marocains, le religieux et le sacré sont en effet au fondement du fonctionnement de l’agdal de lOukaimeden ; on parle d’Agdal N’Sidi Fars.

L’Agdal d’Oukaïmeden abrite également des ouvrages architecturaux originaux, de véritables ‘‘villages de transhumance’’, appelés Azibs. Ce sont des grottes qui servent d’habitats aux transhumants des deux tribus Reghaya et Ourika. Chaque sous-groupe ethnique a son propre Azib, où sont construits ses enclos, c'est-à-dire les « habitations temporaires » des transhumants et de leur bétail.

• Les écologistes eux, soulignent tout particulièrement les effets bénéfiques de la pratique de « l’Agdal », sur la couverture végétale qui font de l’Oukaimeden un gigantesque réservoir de biodiversité. De nombreuses espèces endémiques s’y maintiendraient encore grâce à la pratique de la mise en défens printanière permettant la reconstitution des espèces végétales, la floraison et l’arrivée à maturité des semis, et ainsi la perpétuation de l’écosystème.

L’Agdal de l’Oukaimeden joue par ailleurs, un rôle socio-économique primordial dans la stabilité sociale des communautés locales ; il est considéré depuis des siècles comme une source de subsistance très importante pour les pasteurs transhumants, et reste encore aujourd’hui –malgré le développement d’autres activités telles que l’arboriculture fruitière, le tourisme sportif et de montagne-, une ressource stratégique pour grand nombre d’habitants des 50 villages attenants à l’espace de parcours de l’Oukaimeden, soit les ayants droit des deux tribus Rheraya et Ourika.

Mais c’est toute la symbolique (religieuse, spirituelle) autour du site, extraordinairement ancrée dans la mémoire collective (juste qu’aux petits enfants qui attendent vivement chaque année l’ouverture de l’Agdal et le début des festivités), qui fait que malgré que les communautés locales, en particulier les jeunes, se soient adaptées progressivement à « un nouveau modèle économique basé principalement sur le tourisme sportif d'hiver et de montagne », elles n’ont pas pour autant abandonné la pratique de l’agriculture et surtout du pastoralisme transhumant qui comptent encore un grand nombre d’adeptes au sein de ces communautés.

Mais le risque reste très présent, l’agdal de l’Oukaimeden et la biodiversité dont il recèle, sont véritablement menacés. Pour toutes les potentialités évoquées plus haut, le site est sujet aux convoitises perpétuelles d’investisseurs étrangers, souvent appuyées par les autorités locales ; (Terrains de golf, Station permanente de ski, etc.) ; Les projets et les propositions se succèdent, toutes aussi inadaptées les unes que les autres. Jusque-là une forte mobilisation de la population locale soutenue par la communauté scientifique, a pu faire avorter ces projets.

Mais quand bien de temps cela va durer ? Et si le pastoralisme parvient à résister ou, du moins, à s’adapter aux menaces exogènes, pourra-t-il continuer à le faire face aux facteurs endogènes qui affaiblissent sa force de résilience (pauvreté, forte pression démographique, relâchement des pratiques et des institutions ancestrales de gestion (ljemâat, Igouram, …), érosion du savoir-faire traditionnel, manque d’apprentissage et de transfert intergénérationnel,….). Sans oublier les impacts néfastes du changement climatiques.

Renverser la tendance en faveur du maintien de la pratique de l’agdal est tout l’enjeu du présent projet, qui se veut : (i) engager une large mobilisation des acteurs communautaires (en particulier les plus jeunes hommes et femmes), institutionnels et autres, (ii) promouvoir l’auto-conscience, (iii) soutenir la reconnaissance du « pastoralisme transhumant » de ces tribus berbères, comme patrimoine culturel et paysager, (iv) et de là entrevoir les possibilités de sa perpétuation.

 

Project Snapshot

Grantee: l’Association Oukaimeden
Country: Morocco
Area Of Work: Biodiversity
Operational Phase: Phase 6
Grant Amount: US$ 30,000.00
Co-Financing Cash:
Co-Financing in-Kind:
Project Number: MOR/ICCA-GSI/2017/05
Start Date: 7/2017
End Date: 5/2019
Status: Currently under execution
 

Grantee Contact

Mr Mostapha Taouallout
 

Address

Espace provincial des Associations d’Alhaouz – Tahannaout
Tahannaout , Marrakech Safi ,

SGP Country office contact

Ms. Badia Sahmy
Phone: + 212 5 37 57 15 56
Fax: + 212 5 37 57 15 54
Email: badia.sahmy@undp.org
 
Anne France Wittman
Email: annefrance.wittmann@undp.org
 

Address

15, av Ben Barka, Secteur 4, Bloc M
Rabat Hay Riad, 10100