La mise en place du laboratoire permet d'assurer la production et la mise à disposition des agriculteurs et les producteurs agricoles des bioinsecticides à base de champignons, à un coût abordable. La vente des produits permettra de faire face aux frais de maintenance et d'entretien des installations et d'assurer le suivi des bénéficiaires sur le terrain.
Le projet a fait l'objet de mise à l'échelle, dans le cadre de la mise en oeuvre de plusieurs projets pilotés par le ministère en charge de l'environnement, notamment le projet de gestion intégrée des catastrophes et des terres (PGICT), et celui du ministère en charge de l'agriculture, notamment les projets Projet d?Appui au Secteur Agricole (PASA), et du Projet d?Adaptation de la Production Agricole au Togo (ADAPT).
Replication of project activities
Le projet a fait l'objet de réplication par le Ministère de l?Environnement et des Ressources Forestières (MERF) et celui de l?Agriculture, de l?Elevage et de l?Hydraulique (MAEH), dans le cadre du Projet de Gestion Intégrée des Catastrophes et des Terres (PGICT), du Projet d?Appui au Secteur Agricole (PASA), et du Projet d?Adaptation de la Production Agricole au Togo (ADAPT). Le PGICT, mis en ?uvre par le MERF et financé par la Banque Mondiale, a pour objectif principal d?apporter un appui technique et financier aux activités communautaires visant à faire face aux problèmes de changements climatiques et à promouvoir les bonnes pratiques de gestion durable des terres. Le PASA a quant à lui comme objectif de contribuer au renforcement des capacités productives des producteurs et de promouvoir des initiatives de transformation agro-industrielle et de commercialisation de produits agricoles togolais. Enfin, l?ADAPT vise à réduire l'impact des changements climatiques sur les groupes vulnérables ruraux et à accroître la sécurité alimentaire, notamment via la formation des producteurs maraichers dans toutes les régions du pays. Grâce à ces trois projets, les bioinsecticides à base de champignons ont été vulgarisés dans les cinq régions administratives du Togo. Plus de 5000 producteurs ont été touchés.
Policy Influence
Les directions régionales et préfectorales du Ministère de l?Environnement et des Ressources Forestières (MERF) et du Ministère de l?Agriculture, de l?Elevage et de l?Hydraulique (MAEH) ont été impliquées dès la conception du projet, et ont participé activement dans les ateliers de formation des maraîchers, permettant ainsi une forte mobilisation et l?acceptation des enseignements par les bénéficiaires. Ce suivi attentif par les services techniques étatiques a permis aux résultats du projet de remonter rapidement et de se faire connaître au sein du Gouvernement togolais.
Les succès de ce projet ainsi que du projet « Évaluation et vulgarisation de biofertilisant à base de champignons dans la production maraichère durable au Togo » mis en place par l?ONG AGIDE et financé par le Service de Coopération et d?Action Culturelle de l?Ambassade de France au Togo en 2013, ont conduit à la création d?un concept nouveau dans l?agriculture au Togo : la Gestion Intégrée de la Fertilité, de l?Eau et de Ravageurs par les Champignons (GIFERC). Ce terme GIFERC est aujourd?hui fréquemment utilisé au Togo et le Gouvernement togolais analyse actuellement les différents aspects de cette nouvelle technologie de production pour en faire une spécificité nationale. Notamment, le Ministère de l?Environnement et des Ressources Forestières (MERF) et celui de l?Agriculture, de l?Elevage et de l?Hydraulique (MAEH) vont mettre à échelle les activités de ces projets dans le cadre du Projet de Gestion Intégrée des Catastrophes et des Terres (PGICT), du Projet d?Appui au Secteur Agricole (PASA), et du Projet d?Adaptation de la Production Agricole au Togo (ADAPT). Le PGICT, mis en ?uvre par le MERF et financé par la Banque Mondiale, a pour objectif principal d?apporter un appui technique et financier aux activités communautaires visant à faire face aux problèmes de changements climatiques et à promouvoir les bonnes pratiques de gestion durable des terres. Le PASA a quant à lui comme objectif de contribuer au renforcement des capacités productives des producteurs et de promouvoir des initiatives de transformation agro-industrielle et de commercialisation de produits agricoles togolais. Finalement, l?ADAPT vise à réduire l'impact des changements climatiques sur les groupes vulnérables ruraux et à accroître la sécurité alimentaire, notamment via la formation des producteurs maraichers dans toutes les régions du pays. L?ADAPT est en cours d?exécution, répliquant le présent projet dans les cinq régions administratives du Togo, et a déjà touché plus de 2000 nouveaux producteurs et devra à terme impliquer plus de 6000 producteurs.
Linkages gef projects
N/A
Planning gef grant
N/A
Project Results
La construction et l?équipement du laboratoire ont permis d?accroitre la production de mycopesticide et les formations données lors du projet ont permis aux bénéficiaires de déterminer précisément l?origine des maladies qui détruisent les cultures : les bactéries et champignons pathogènes qui se trouvent dans le sol, l?air et l?eau d?arrosage. La non toxicité du mycopesticide pour les traitements des cultures a permis de réduire la quantité de produits chimiques nocifs, tels que les nématicides, utilisés dans la production maraichère au Togo. Au départ, le projet visait à réduire de 50% l?utilisation des pesticides chimiques. Toutefois, lors des visites du projet, organisées par l?ONG AGIDE avec les services techniques du Ministère de l?Environnement et des Ressources Forestières (MERF) et celui de l?Agriculture, de l?Elevage et de l?Hydraulique (MAEH), il est apparu que la plupart des producteurs avaient totalement cessé l?utilisation de nématicides, notamment le furandan et le némacur, qui sont parmi les pesticides les plus dangereux pour l?homme. L?objectif principal des visites des Ministères était de permettre aux services techniques de l?Etat de constater et d?apprécier sur le terrain les succès liés a l?utilisation de biopesticides et biofertilisants dans la restauration de la fertilité des sols, et dans la lutte contre les ravageurs à travers les observations directes et les échanges avec les producteurs. Les résultats obtenus lors de ce projet ont donc largement surpassé les prévisions initiales.
Les maraichers qui utilisent le mycopesticide reconnaissent que les malaises tels que les nausées, irritations de la peau et des yeux, et maux de ventre liés à l?utilisation des anciens produits chimiques ont maintenant disparu grâce à l?utilisation des biopesticides. Lors d?une enquête menée auprès de 50 maraichers formés par l?ONG AGIDE, ces derniers ont constaté des augmentations de rendements, allant de 25 à plus de 100% selon les cultures (oignons, laitues, carottes, betteraves, piments, aubergines, riz et maïs). Ces résultats positifs expliquent l?enthousiasme dont font preuve les maraichers à l?égard des biopesticides.
Avant le démarrage du projet sur les biopesticides, les populations locales ne faisaient pas de liens entre les maladies des plantations et les micro-organismes pathogènes. Certains agriculteurs accusaient notamment leurs voisins d?utiliser des gris-gris pour jeter de mauvais sors sur leurs plantations, créant de la méfiance et des tensions dans plusieurs communautés. Ce projet a donc permis aux agriculteurs de mieux comprendre l?origine des maladies touchant leurs plantations et de prouver l?efficacité des biopesticides, menant à une restauration de l?harmonie au sein des communautés locales et faisant renaître le plaisir du vivre ensemble.
La superficie totale sur laquelle les produits ont été utilisés peut être estimée à 1 000 ha.
La productivité a connu une augmentation moyenne de 68 % sur les terres ou les bio-pesticides à base de champignons ont été utilisées.
Sur le plan sanitaire, les producteurs témoignent qu?ils n?ont plus les malaises qu?ils avaient avant après les traitements avec les produits chimiques. Ils rapportent aussi qu?avant, au cours des traitements, les gens dont les maisons ne sont pas des jardins venaient se plaindre de l?odeur des produits dans leur maison, mais maintenant, quand ils traitent les cultures avec les bio-pesticides, les voisins ne se plaignent plus.
Les consommateurs aussi se voient plus en sécurité sanitaire en consommant les produits cultivées avec les bio-pesticides. Les médecins ont commencé par recommander aux patients de consommer les cultures produits avec les bio-pesticides.
Par ailleurs, les producteurs ont réduit les dépenses de traitement de plus de 50%, et de plus les rendements sont plus élevés. Ceci donne des revenus supplémentaires aux producteurs. Pour un hectare de culture maraîchers portant sur la carotte par exemple, le producteur économise 155,000.00 XOF par rapport aux produits chimiques. Mais son revenu est amélioré de plus de 50%. La qualité des produits obtenu permet au producteur de vendre plus cher, au moins plus de 10% par rapport aux autres récoltes. En somme les producteurs ont une augmentation de revenu de plus de 75% en moyenne.